Apnée du sommeil : symptômes, test, diagnostic et traitements (Guide 2025)
L’apnée du sommeil provoque des pauses ou baisses de respiration nocturnes, à l’origine d’un sommeil fragmenté, de somnolence diurne et d’un sur-risque cardio-métabolique. Le diagnostic repose sur une polygraphie à domicile ou une polysomnographie en centre, avec l’IAH pour qualifier la sévérité. Les traitements validés incluent la PPC/CPAP, l’orthèse d’avancée mandibulaire et des mesures hygiéno-diététiques pour tous.
Qu’est-ce que l’apnée du sommeil ?
L’apnée du sommeil (SAHOS) se caractérise par la survenue répétée d’apnées (arrêt du flux d’air ≥ 10 s) et d’hypopnées (diminution du flux) durant le sommeil,
dues à un rétrécissement ou une obstruction des voies aériennes supérieures. Ces événements provoquent des micro-éveils, fragmentent le sommeil et altèrent la qualité de vie.
Les différents types
On distingue quatre formes principales.
- L’hypopnée : réduction du flux respiratoire pendant le sommeil.
- L’apnée obstructive (SAHOS), la plus fréquente, survient lorsque les voies aériennes supérieures se rétrécissent ou s’obstruent : la respiration s’interrompt malgré un effort ventilatoire conservé.
- L’apnée centrale correspond à une réduction ou une absence transitoire des signaux nerveux qui commandent la respiration, l’effort ventilatoire diminuant ou disparaissant momentanément.
- Enfin, l’apnée mixte combine les deux mécanismes : l’épisode débute comme une apnée centrale puis se poursuit ou se termine par une obstruction.

Symptômes et signaux d’alerte
- Ronflement fort et régulier, pauses respiratoires observées, sensations de suffocation nocturne.
- Somnolence diurne, fatigue au réveil, céphalées matinales, irritabilité, troubles de concentration.
- Souvent associés : hypertension, prise de poids, diabète de type 2.
Quelles sont les personnes à risque ?
Le risque augmente avec l’âge. Il est plus fréquent chez l’homme mais concerne aussi la femme (notamment après la ménopause).
Facteurs contributifs : surpoids/obésité, tour de cou élevé, particularités ORL (amygdales volumineuses, rétro-gnathie),
consommation d’alcool le soir et prise de sédatifs. Des comorbidités cardio-métaboliques (HTA, diabète) sont fréquentes.
Tests et diagnostic
Le diagnostic repose sur un enregistrement du sommeil prescrit par un médecin du sommeil :
- Polygraphie ventilatoire (à domicile) : respiration, flux nasal, SpO2, ronflement.
- Polysomnographie (en centre) : examen complet (EEG, EOG, EMG, ECG…) pour confirmer et qualifier la sévérité.
Le choix entre PG et PSG dépend du profil clinique et des recommandations en vigueur.
Comprendre l’IAH
L’IAH (indice d’apnées-hypopnées) correspond au nombre d’événements respiratoires par heure de sommeil. Les seuils couramment admis sont : léger 5–15, modéré 16–30, sévère > 30.
La sévérité guide la stratégie thérapeutique et le suivi.
Les traitements validés
Mesures hygiéno-diététiques (pour tous). Perte de poids si surpoids, activité physique, limitation de l’alcool (surtout le soir), hygiène de sommeil et thérapie positionnelle si apnées, surtout sur le dos.
PPC / CPAP (référence). La pression positive continue maintient les voies aériennes ouvertes pendant la nuit et constitue le traitement de référence dans de nombreuses situations (formes sévères et certains cas modérés). L’adhérence est facilitée par un ajustement précis du masque, une bonne humidification et la gestion des fuites.
Orthèse d’avancée mandibulaire (OAM). Alternative validée pour des SAHOS légers à modérés ou en cas d’intolérance à la PPC. L’OAM avance la mâchoire inférieure pour dégager l’arrière-gorge et nécessite un suivi dentaire régulier.
Chirurgie & autres options. Indiquées au cas par cas (anatomie particulière, échec/intolérance des autres solutions) après bilan pluridisciplinaire.
Vivre avec le traitement : conseils pratiques
- PPC : ajuster taille et type de masque, régler l’humidification, surveiller les fuites et le temps d’utilisation.
- OAM : réglages progressifs, surveillance de l’occlusion et de l’ATM.
- Suivi : contrôles réguliers pour vérifier l’efficacité (symptômes, IAH résiduel).
- Hygiène : entretien des équipements (masques, filtres) et renouvellement périodique.
Vous pensez être concerné ? Le parcours de soin en 3 étapes
Si vous souffrez de fatigue chronique ou de ronflements, voici la marche à suivre pour obtenir un diagnostic fiable :
- Auto-évaluation : Réalisez le test d’Epworth. C’est un questionnaire simple qui permet de mesurer votre niveau de somnolence durant la journée.
- Consultation médicale : Parlez-en à votre médecin traitant. Il fera le point sur vos symptômes et vos antécédents de santé.
- Bilan du sommeil : Selon votre profil, il vous orientera vers un spécialiste pour un enregistrement de votre nuit (polygraphie ou polysomnographie).
❓ Foire aux questions
Quels sont les risques pour ma santé ?
- L’apnée du sommeil non traitée n’est pas seulement un problème de fatigue. Elle augmente considérablement les risques de :
- Maladies cardiovasculaires : Hypertension artérielle, infarctus ou AVC.
- Troubles métaboliques : Diabète de type 2 ou prise de poids.
- Accidents : Baisse de vigilance au volant ou au travail. Un diagnostic précoce permet de protéger votre cœur et vos artères.
L’appareil (PPC) est-il à utiliser « à vie » ?
- Pas nécessairement. La PPC (Pression Positive Continue) est maintenue tant qu’elle est nécessaire pour maintenir vos voies respiratoires ouvertes.
- Dans certains cas (perte de poids importante, correction d’un problème anatomique), les apnées peuvent diminuer.
- Votre médecin du sommeil réévalue régulièrement la situation pour voir si le traitement peut être allégé ou modifié.
PPC ou Orthèse (OAM) : que choisir ?
- Le choix dépend de la sévérité de vos apnées :
- La PPC (le masque) : C’est le traitement de référence, le plus efficace pour les cas modérés à sévères.
- L’Orthèse d’Avancée Mandibulaire (OAM) : C’est une gouttière dentaire qui avance légèrement la mâchoire. Elle est privilégiée pour les apnées légères ou si le patient ne supporte pas le masque.
Polygraphie à domicile ou Polysomnographie en centre ?
- La Polygraphie (PG) : Se fait à la maison. Elle enregistre la respiration et l’oxygène. Elle suffit généralement si vos symptômes sont très typiques.
- La Polysomnographie (PSG) : Se fait souvent en clinique. Plus complète, elle enregistre aussi votre activité cérébrale. Elle est indispensable pour analyser la qualité réelle de votre sommeil (phases de sommeil profond) ou si d’autres troubles sont suspectés.








1 comment on “Apnée du sommeil : symptômes, test, diagnostic et traitements (Guide 2025)”
Comments are closed