Invité de l’émission « Toc Toc Docteur » consacrée à l’apnée du sommeil, le pneumologue Frédéric Le Guillou rappelle quels sont les signes qui doivent alerter. L’apnée du sommeil un syndrome caractérisé par la survenue d’épisodes anormalement fréquents d’interruptions (apnées) ou de réductions (hypopnées) de la respiration durant le sommeil. Ces pauses de respiration durent de 10 à 30 secondes, voire plus, et peuvent se répéter une centaine de fois par nuit. Elles sont dues à des obstructions répétées complètes ou partielles des conduits respiratoires de l’arrière-gorge survenant au cours du sommeil.

Cette réduction ou interruption de la ventilation pendant le sommeil entraîne un manque en oxygène. Le cerveau réagit, réveillant ainsi le dormeur pour qu’il reprenne sa respiration. Ces éveils de courte durée provoquent un sommeil saccadé, de mauvaise qualité et accompagné de ronflements.

L’importance de l’apnée du sommeil se mesure au nombre d’apnées/hypopnées par heure de sommeil. Entre 5 et 15, l’apnée du sommeil est considérée comme légère ; Entre 16 et 30, elle est modérée ; Si le nombre d’apnées est supérieur à 30, le syndrome est jugé sévère. La première cause d’apnée du sommeil est le surpoids et l’obésité. En France, 15% de la population est obèse. Toutes les personnes en surpoids ne font cependant pas d’apnée du sommeil. Il existe également d’autres facteurs de risque, tels que des anomalies anatomiques faciales ou oto-rhino-laryngologies, le sexe (les hommes sont plus touchés) ou encore le mode de vie (alcool, tabac…). La fatigue n’est pas normale et peut résulter d’un syndrome d’apnées du sommeil. Chez ces patients, la fatigue s’accompagne souvent de somnolence. Ceux-ci doivent alors faire la sieste.

D’autres signes d’un sommeil non-réparateurs apparaissent dans la journée : troubles de la concentration et de la mémoire, irritabilité mais aussi troubles de la libido, plus rarement rapportés par les patients.

L’examen qui permet de confirmer le diagnostic est la « polygraphie ventilatoire nocturne ». Elle permet d’enregistrer les troubles ventilatoires du sommeil. En cas de doute, le médecin peut également réaliser une polysomnographie où, en plus des capteurs respiratoires, des capteurs neurologiques sont utilisés pour enregistrer les phases de sommeil. D’autres solutions existent, comme les oxymètres de pouls. Ces appareils se fixent au bout d’un doigt ou peuvent être intégrés à un bracelet connecté. Ils mesurent le taux de saturation en oxygène au niveau des capillaires sanguins.