Si les signes diffèrent selon les personnes et le moment de la journée, plusieurs symptômes sont très significatifs. Le syndrome d’apnée du sommeil (SAS) se définit par un ensemble de signes en rapport avec des arrêts respiratoires survenant de manière répétée au cours du sommeil. Il est lié à une fermeture ou au moins à un rétrécissement très important du pharynx pendant le sommeil. En effet, avec l’endormissement, les muscles au niveau des voies aériennes se relâchent, ce qui réduit le calibre du pharynx. Dans le SAS, le nombre d’apnées (arrêt complet de la respiration de plus de 10 secondes) ou d’hypopnées (diminution d’air inspiré) est supérieur à 5 par heure de sommeil. Elles sont mises en évidence par un enregistrement du sommeil (polygraphie ou polysomnographie).

L’apnée peut être de nature obstructive, correspondant à un arrêt complet de la respiration par obstruction de l’air dans le pharynx, ce qui provoque un étouffement. Les muscles respiratoires se contractent et entraînent un éveil durant quelques secondes, pas forcément conscient. L’apnée est dite centrale lorsque le centre du cerveau ne commande pas aux muscles respiratoires de se contracter, ce qui exige un effort pour inspirer. Il existe également des apnées mixtes à composantes à la fois centrale et obstructive. Le ronflement est très fréquent dans la population générale, mais s’il est associé au SAS dans plus de 90% des cas, c’est avec certaines caractéristiques : un ronflement intense augmentant progressivement avec les cycles respiratoires, entrecoupé de pauses et suivi d’une reprise respiratoire très bruyante. La fragmentation du sommeil due aux éveils répétés après chaque apnée explique qu’au réveil on se sente aussi fatigué que la veille. Il en découle une somnolence diurne excessive, entraînant un endormissement devant la télévision, au cours de la lecture, ou comme passager en voiture lors de longs trajets. Le fait de se lever la nuit régulièrement pour uriner peut-être un signe de SAS. Beaucoup de personnes apnéiques ont des difficultés d’attention et de concentration ainsi que des troubles de l’humeur parce que leur sommeil, ainsi interrompu par des micro-éveils, n’est plus réparateur. Un syndrome dépressif peut en outre être associé à un SAS. La somnolence est un risque important d’accidents de la vie quotidienne et de la route.

La prévalence du SAS augmente avec l’âge pour atteindre un plateau après 65 ans avec une prévalence maximale de 10%. Avant 50 ans, le SAS est 4 fois plus fréquent chez l’homme que chez la femme. Cela s’explique par une configuration anatomique des voies aériennes différente selon le sexe et une répartition plus importante des graisses au niveau du cou chez l’homme. Après la ménopause, la fréquence est similaire dans les deux sexes et le traitement hormonal substitutif protège alors contre le SAS et en limite la sévérité. Les complications cardio-vasculaires, l’hypertension artérielle, les accidents vasculaires cérébraux sont des conséquences du SAS. L’obésité est un facteur favorisant : une réduction du poids de 10% fait diminuer le SAS de 25%. Le tabac augmente l’inflammation dans le pharynx et favorise la survenue d’apnées. L’alcool, enfin, comme la plupart des somnifères ou anxiolytiques, diminue l’activité des muscles du pharynx, favorisant ainsi des apnées au cours du sommeil. C’est à ce niveau qu’il faut commencer à agir.