Fatigue, maux de tête fréquents…et si ces symptômes étaient liés à des apnées du sommeil ? Ces arrêts respiratoires nocturnes concernent une personne sur dix en France. Des arrêts respiratoires qui se répètent jusqu’à cent fois par heure de sommeil, suivis d’autant de brefs éveils: voilà les nuits agitées des patients atteints du syndrome d’apnées obstructives du sommeil. On estime que de 5% à 10% de la population est concernée, avec une prédominance masculine. Les apnées sont causées par le relâchement des muscles du pharynx pendant le sommeil. Cela provoque, souvent mais pas toujours, un ronflement puis la fermeture des voies aériennes supérieures. Le passage de l’air est bloqué, le dormeur se trouve en apnée. Dans certains cas, l’obstruction n ’est pas complète : l’amplitude de la respiration est juste diminuée. On parle alors d’«hypopnées». Nous faisons tous quelques apnées durant la nuit. À chaque fermeture des voies aériennes, le cerveau commande au système respiratoire d’augmenter son effort pour vaincre la résistance au passage de l’air. Mais la contraction des muscles respiratoires a pour effet d’exercer une pression d’aspiration sur les parois du pharynx, ce qui entraîne son rétrécissement et l’obstruction s’aggrave ! Pour sortir de ce cercle vicieux, la personne se réveille alors quelques secondes, juste assez pour reprendre son souffle. Jusqu’à la prochaine apnée. Ces micro-éveils, trop courts pour que le cerveau les mémorise, fragmentent le sommeil et altèrent sa qualité. Il s’ensuit une fatigue qui provoque une somnolence diurne, des maux de tête fréquents, voire des endormissements au cours de la journée. On estime notamment que l’apnée du sommeil augmente le risque d’accident de la route d’un facteur de 2 à 3.

La seconde conséquence majeure de l’apnée du sommeil est son impact sur la santé cardiovasculaire. Une étude espagnole publiée en2005 a montré que l’incidence des événements cardiovasculaires (infarctus ou accident vasculaire cérébral) était multipliée par trois chez les personnes apnéiques sévères non traitées. D’autres études ont établi la responsabilité de l’apnée du sommeil dans l’athérosclérose: 30% des patients apnéiques sans autre facteur de risque présentent des plaques d ’athérome, c’est-à-dire des dépôts de graisses au niveau de la carotide qui finissent par obstruer les vaisseaux sanguins. Elle est enfin fréquemment associée au diabète de type2, ce qui suggère que l’apnée du sommeil a un impact sur le métabolisme glucidique.

L’éveil qui suit chaque apnée s’accompagne en effet d’une accélération du rythme cardiaque et d’un pic de tension artérielle. Ces réactions déclenchent une cascade d’événements inflammatoires et métaboliques qui, répétés de nuit en nuit pendant de nombreuses années, peuvent provoquer ou aggraver des maladies cardiovasculaires.